Lola Lafon, « Mercy, Mary, Patty »

Après la gymnaste roumaine Nadia Comaneci, l’autrice et musicienne Lola Lafon s’est intéressée à une autre figure féminine : Patricia Hearst, la petite-fille du magnat milliardaire de l’information, enlevée dans les années 1970 par un groupuscule d’extrême gauche pour qui elle a pris fait et cause en allant jusqu’à braquer une banque. Quand je parle d’elle, on me répond souvent : « Ah oui, le syndrome de Stockholm. » Lola Lafon démontre brillamment que c’est bien plus complexe et compare Patricia Hearst à ces femmes de colons enlevées (Mercy et Mary) par des Amérindiens, qui ont préféré rester avec eux plutôt que de retourner vivre chez les colons, car elles avaient pris conscience de leur statut privilégié de femme au sein de la communauté indienne – ce qui n’était pas exactement le cas chez les colons. Le propos est brillant, la narration aussi : on découvre Patricia Hearst par les yeux d’une professeure américaine féministe chargée de constituer un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst et par ceux d’une jeune étudiante aidant la professeure à débroussailler les archives. Un roman inoubliable !

Le coup de cœur de la libraire Ariane Herman, TULITU (55 rue de Flandre, 1000 Bruxelles)

Mercy, Mary, Patty, Lola Lafon, Actes Sud 2017.
234 p., 19,80 eur.

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