Consentement sexuel : quand dire non devient délicat

Par Hors-série N° / p. 21-23 • Juillet-août 2017 | conectionconection Contenu complet (pdf)
reservé aux abonnées

Que signifie « consentir » lorsque l’on parle de rapports sexuels ? Si le consentement est évidemment crucial dans une relation, le terme évoque aussi une sexualité féminine entravée, qui « consent », sans désirer. À partir de leurs expériences sur le sujet, quatre jeunes femmes se sont confiées à axelle.

CC Marianne Fenon

Récemment, une étudiante de la VUB a rompu le silence à propos du viol qu’elle a subi il y a quatre ans, et lancé une campagne contre les agressions sexuelles sur le campus. Slogan : « I said no in a bedroom, but he kept going », que l’on pourrait traduire par « J’ai dit non dans la chambre à coucher, mais il a continué ». Consentement, absence de consentement, le principe est sur le gril, tout particulièrement lorsque l’on aborde le viol ; de plus en plus de femmes prennent la parole.

Dans une relation conjugale

Sabine, Éloïse, Méryl et Louise partagent des exemples autour de la table. « J’ai eu une relation avec quelqu’un qui ne laissait pas le choix » ; « Le mari d’une de mes connaissances l’oblige à faire ce qu’il veut. Il la pénètre alors qu’elle est endormie. Et cette connaissance se sent obligée de dire oui, parce qu’elle est mariée », raconte Sabine. « Certaines femmes que je rencontre dans mon travail, explique Louise, assistante sociale, ne pensent pas avoir leur mot à dire : « On est mariés, comment pourrait-il me violer ? » Mais ce n’est pas parce que l’on est en couple que tout est permis ! »

L’idée du « droit » du conjoint à utiliser sa femme comme un objet pour satisfaire son – seul – désir perdure, comme si le fait d’être mariée impliquait un consentement inconditionnel. Un viol se définit aussi par l’absence de consentement. Les rapports contraints entre conjoint·es – des « viols conjugaux » – sont fréquents ; ils concernent un quart des femmes en Belgique, selon un sondage effectué en 2014 par l’institut Dedicated, à la demande d’Amnesty International et de SOS Viol.

Prouver l’absence de consentement

Ironie tragique : dans les affaires de viol, particulièrement aux États-Unis, l’utilisation de la notion de « consentement » de la victime est de plus en plus fréquente pour… innocenter les violeurs.

Share Button
La suite de cet article est réservée aux abonné·es...
Déja abonné·e ?
Se connecter
Pas encore abonné·e ? Consultez les différentes formules !
S'abonner
Sans être abonné·e, vous pouvez également acheter (en version .pdf) l’exemplaire du magazine dont est issu cet article, afin de le lire entièrement et de découvrir d’autres contenus par la même occasion !
Acheter ce N° (3.00€)