Violences contre les femmes en Afrique du Sud : Zulaikha Patel interpelle la Justice

© Phill Magakoe / AFP

Le 30 novembre dernier, à côté de la Cour de justice de Pretoria, la jeune activiste féministe sud-africaine Zulaikha Patel, seize ans, membre d’un collectif appelé « Black Radical Feminists », tient une pancarte indiquant : « Le viol n’est jamais de la faute de la victime / Les habits n’ont rien à voir avec le consentement. »

« Notre message est clair : dans les cas de violences envers les femmes et les enfants, quelles que soient les circonstances, ce n’est jamais de la faute de la victime », avait-elle martelé deux jours plus tôt, interviewée par News24.

Zulaikha Patel réagissait à de récents drames, symptomatiques d’un phénomène beaucoup plus large. Tout d’abord, le cas, jugé précisément le 30 novembre dernier à Pretoria, du viol d’une fillette de sept ans. L’activiste a aussi été marquée par le suicide d’une adolescente anglaise victime de viol : à la suite du procès du violeur, la jeune femme a mis fin à ses jours après avoir été forcée par la défense, voulant prouver son « consentement » et donc l’incriminer, de montrer les sous-vêtements qu’elle portait lors de l’agression.

L’Afrique du Sud n’a pas non plus oublié le suicide de Khensani Maseko, une étudiante le 3 août dernier, deux mois après avoir été victime de viol. Des milliers de femmes étaient alors descendues dans les rues des principales villes du pays pour montrer leur colère et leur solidarité.

Zulaikha Patel pousse donc la Justice à prendre enfin au sérieux les violences envers les femmes : en effet, les associations d’aide constatent que la plupart des victimes ne portent pas plainte, de peur de ne pas être considérées, voire d’être victimes de nouvelles violences du système juridique. Une situation qui n’a rien de spécifique à l’Afrique du Sud…

La voix de la jeune femme sera peut-être entendue : elle a déjà acquis une réputation de dure à cuire alors qu’elle avait à peine treize ans. Elle avait alors décidé de garder ses cheveux naturels à l’école et de ne plus les lisser, ce qui lui avait valu une exclusion de la part de l’institution. Zulaikha Patel ne s’était pas laissé faire et avait dénoncé une politique raciste : « Me demander de changer, c’est me demander d’effacer ma peau noire », avait-elle clamé dans les médias. Elle avait eu gain de cause. Depuis, elle est devenue un modèle pour de nombreuses jeunes femmes d’Afrique du Sud… et d’ailleurs !

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