Wild Rose : au cinéma, une incandescente rêve de Nashville

Jessie Buckley dans "Wild Rose"

Rose-Lynn Harlan, une jeune femme de Glasgow, rêve de devenir star de la musique country à Nashville. Entre drame et comédie, un film tendre et sensible. (Véronique Laurent)

Rose-Lynn Harlan a un petit quelque chose de Fifi Brindacier dans le physique, les cheveux tirant vers le roux, les yeux pétillants, ou le look décalé, l’énergie et la certitude de posséder du talent. Rien de magique chez elle, originaire de Glasgow, Écosse, Grande-Bretagne – quoique : elle a une voix. Et une obsession : aller à Nashville, Tennessee, États-Unis, pour devenir une star de la musique country, son amour inconditionnel tatoué en forme de slogan sur son bras : « Three chords and the truth ». Soit en français, « trois accords et la vérité », une définition de la country donnée par la chanteuse américaine Sara Evans dans son premier album de 1997.

Mais le monde de Rose-Lynn n’est celui de Fifi Brindacier ; la jeunesse sans espoir de Glasgow fait des conneries qui la mènent en prison. Quand la toute jeune femme revient dans son quartier de banlieue après avoir purgé sa peine, l’attendent les deux enfants, cinq et huit ans, qu’elle a eus avant sa majorité, et sa mère, décidée à ce que sa fille prenne – enfin – ses responsabilités. Tout est à (re)construire. Une seule chose habite l’incandescente : son rêve de Nashville.

Forme classique, émotion totalement assumée

Tout le film évolue sur un fil tendu entre drame et comédie, complexifiant au fur et à mesure des scènes les enjeux et les relations entre les personnages : ce qui aurait pu être une ascension conte de fées après un mauvais départ se transforme en parcours plus subtil. Sur ce canevas qui semble précuit, les spectateurs/trices oscillent entre satisfaction de voir leurs attentes comblées (l’employeuse de Rose-Lynn devient bien son amie, elle propose effectivement un projet pour aider la jeune femme…) et de l’inattendu, au final totalement cohérent, plein, riche de sens.

Le scénario, écrit par une femme, Nicole Taylor, creuse la trajectoire d’une jeune mère qui refuse de renoncer à ce pour quoi elle est faite, entre fantasme et vie réelle, développement de soi et responsabilités familiales : une thématique typiquement liée au fait d’être une femme, que l’absence quasi totale de personnages masculins rend criante de visibilité, soulignant à quel point la responsabilité des enfants incombe aux femmes, la mère, la grand-mère, les voisines, les amies… Mis en images par un homme, Tom Harper, le scénario explore avec une sensibilité les relations entre ces femmes. Forme classique, émotion totalement assumée ; la tendresse déborde souvent, préparez vos mouchoirs !

Irradiante et désarmante, Jessie Buckley, jeune actrice et chanteuse irlandaise, incarne la rose sauvage et chante une grande partie de la bande-son, bluffante. Elle n’aimerait pas la comparaison – « On dit juste « musique country, pas country western » –, mais avec ses boots et son look de cow-girl, difficile de ne pas l’imaginer, tout du long de cette ode à la musique country, en train de tenter de dompter son cheval sauvage.

Wild Rose, distribution eOne, sortie initialement prévue le 15 mai, repoussée au 17 juillet. 

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