Les droits des femmes au cœur des politiques des entités fédérées

©Marie-Françoise Plissart

À la lecture des différentes déclarations de politique de la Région wallonne, de la Région bruxelloise ainsi que de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Vie Féminine se réjouit de constater que son appel à garantir les droits des femmes a été entendu.

À l’occasion des élections du 26 mai dernier, Vie Féminine avait fait de la question des droits des femmes le fil conducteur de son mémorandum. Nous invitions les candidat·es et les futur·es élu·es à garantir les droits des femmes dans différents domaines de la vie et à tous les niveaux de pouvoir, en lien avec les engagements pris par la Belgique sur le plan international, et tout particulièrement en ce qui concerne la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF).

Notre appel a été entendu puisque les différentes déclarations de politique des entités fédérées introduisent un chapitre sur les droits des femmes, et plus uniquement sur l’égalité des chances. Utiliser ces termes est déjà en soi une victoire, car c’est reconnaître les manquements de notre société à l’égard des femmes.

Lutter contre les violences

La mobilisation des organisations de femmes pour exiger l’application de la Convention d’Istanbul a également porté ses fruits. Les 3 entités s’engagent avec les mêmes termes à ce sujet. Ainsi le gouvernement bruxellois promet qu’un « Plan global de lutte contre la violence faite aux femmes sera défini et mis en œuvre de façon coordonnée entre les différents départements et en concertation avec les autres entités fédérées. Il convient en effet de mener un travail transversal intégrant la sensibilisation, la prévention, l’accompagnement des victimes, la répression et l’accompagnement des auteurs. »

Tant du côté wallon que de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a la volonté de mener une politique de lutte contre les violences à l’égard des femmes « qui passe par des mesures urgentes en conformité avec les exigences de la Convention d’Istanbul en lien avec les recommandations du rapport alternatif de la société civile (budget spécifique, accueil et accompagnement des victimes, prise en compte des femmes migrantes, services diversifiés, formation des acteurs, campagnes de sensibilisation, etc.). »

Les gouvernements s’engagent également à récolter et publier les données liées aux violences faites aux femmes, à mieux coordonner les actions conduites entre les différents niveaux de pouvoir et les professionnel·les du secteur, à améliorer l’accueil des victimes de violences conjugales, à renforcer les refuges secrets pour femmes, etc.

Un ministère et des Assises des droits des femmes

Comme nous le demandions, la Fédération Wallonie-Bruxelles propose de « réaliser les assises des droits des femmes associant les parlements et tous les actrices et acteurs concernés et [de] concevoir un « plan égalité » identifiant les mesures qui permettent de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes. » Par ailleurs, dans la continuité de ce que nous avions connu sous la précédente législature, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles compte dans ses rangs une ministre des Droits des femmes qui garantira « la prise en compte de la dimension de genre dans la confection des budgets et dans l’élaboration de toutes les politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles. »

Nous ne pouvons que nous réjouir de ces avancées qui rendent la question des droits des femmes incontournable de la législature 2019-2024. Toutefois, ces engagements à garantir les droits des femmes ne peuvent reposer sur les seules ministres chargées de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, mais concernent l’ensemble des compétences et des matières d’un gouvernement : emploi, santé, logement, accueil de l’enfance, culture, enseignement, mobilité, etc. Nous serons donc particulièrement attentives à la manière dont ces engagements vont être déclinés dans les faits et aux moyens qui leur seront affectés.

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