Sortir l’avortement du Code pénal, oui !

Extrait d'une affiche de campagne gouvernementale française sur l'IVG (2016). Infos : ivg.gouv.fr

Dans notre pays, les articles 350 et 351 du Code pénal considèrent encore l’IVG comme un « délit contre l’ordre des familles et la moralité publique ». En 2017, des personnalités publiques belges lancent donc un Manifeste des 350, une pétition pour la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Les partis de l’opposition s’emparent progressivement de la question, mais elle n’était pas inscrite à l’agenda parlementaire tant qu’elle ne faisait pas débat sur la place publique. Or, en avril 2018, la polémique s’enflamme après la parution d’un sondage effectué par le Centre d’Action Laïque : 70 % des personnes interrogées ne sont pas au courant que l’IVG reste inscrite dans le Code pénal et 3 sur 4 sont favorables à une dépénalisation totale. On peut bien sûr considérer que la loi de 1990 doit symboliquement évoluer dans ce sens. Mais un symbole ne suffit pas, ainsi que Vie Féminine l’a rappelé lors d’une audition sur le sujet à la Commission Justice de la Chambre (23 mai 2018).

Dans nos pages, au fil des ans, nous avons régulièrement mis en avant (dans les numéros 83, 128, 178…) des obstacles qui persistent en matière d’accès à l’avortement. Il y a d’autres enjeux que la sortie du Code pénal pour les femmes qui sont confrontées à une IVG (une femme sur cinq au cours de sa vie). Sans parler de la culpabilisation ou des difficultés économiques qui influent sur les « choix », il paraît crucial de revoir la notion de « détresse », de raccourcir le délai minimal de réflexion, de rallonger le délai du recours à l’IVG, de renforcer l’accessibilité, d’améliorer l’accompagnement des femmes… Certaines propositions de loi sont à cet égard plutôt constructives. À suivre dans nos pages !

Par ailleurs, sur ce sujet, l’année 2018 voit une avancée extraordinaire pour les Irlandaises : le 25 mai s’est tenu un référendum à l’issue duquel elles ont gagné le droit à l’avortement ! C’est le résultat d’un immense travail accompli par des militantes féministes. Nous en avions rencontré certaines l’an dernier lors d’une tournée de sensibilisation à travers le pays : they did it !

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