Au secours, Shéhérazade : un article pour déconstruire le cliché de « l’Orientale »

Par N°219 / p. 26-28 • Mai 2019 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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De l’odalisque dans son « harem » à la « beurette », les femmes perçues comme « orientales » n’ont cessé d’être objectifiées à l’extrême par l’homme occidental du 18e siècle à nos jours. Les fantasmes érotiques dont elles sont les cibles sont nourris par une foule de stéréotypes à la fois racistes, coloniaux et sexistes : axelle part à la chasse aux clichés.

© Odilée Brée

Des « danseuses du ventre » aux hanches bardées de sequins, des sultanes vêtues d’étoffes chatoyantes dégustant des loukoums alanguies dans un harem, Shéhérazade et les fameuses Mille et une nuits, Salomé et sa danse des sept voiles, la princesse Disney Jasmine en balade sur le tapis volant d’Aladdin… Hauts en couleur, chargés de sensualité, les stéréotypes associés aux femmes perçues comme « arabes », « musulmanes » ou encore comme « orientales » sont encore très présents dans l’imaginaire des sociétés occidentales. Cette notion fourre-tout qu’est « l’Orientale », inventée au 18e siècle par les voyageurs européens de retour de Turquie ou du Maghreb, recouvre pourtant des réalités et des identités très différentes, qu’elles soient géographiques, ethniques, religieuses ou culturelles.

La figure de la « beurette »

En France, la figure de la « beurette », déclinaison féminine du mot « beur » (« arabe » en verlan) apparu dans les années 1980, est le versant trivial, mâtiné de mépris de classe, de la princesse arabe d’hier. Cette représentation négative, à mi-chemin entre les stéréotypes racistes et sexistes que sont la « racaille de banlieue » et la « salope », est largement relayée dans les séries télévisées et les films. « On nous montre des filles banlieusardes d’origine maghrébine qui se maquillent trop, qui se font entendre, et qui tombent dans la vulgarité car malheureusement, elles n’ont pas la classe des Parisiennes, qui sauraient, elles, être féminines tout en étant élégantes », nous explique Emnus (nom de plume), jeune journaliste française d’origine tunisienne qui dénonçait récemment ces représentations stéréotypées sur le site d’infos féministe et musulman Lallab.

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