« L’Encyclopédie d’histoire des femmes » veille sur la mémoire des luttes féminines en Belgique

Par N°217 / p. 14-15 • Mars 2019 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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Elles étaient là, elles ont agi, elles ont pesé, peu importe ce que (ne) racontent (pas) les livres d’histoire. Formidable entreprise et nécessité absolue, l’Encyclopédie d’histoire des femmes. Belgique, 19e et 20e siècles sort toutes leurs initiatives de l’oubli, soulignant l’importance des femmes et de leurs mouvements dans la lente démocratisation de la société.

Les avocates belges à l'occasion des dix ans d'accès à la profession, Bruxelles, 1932. © Carhif

Réseaux, rassemblements, alliances, positions politiques, droits… Tant et tant de combats, d’évolutions, de recherches, de faits, de savoirs dont nous n’avons pas connaissance, qui ne sont pas transmis et dont l’absence nous façonne, sans passé lié à notre sexe, « sans mémoire des luttes », complète Éliane Gubin, professeure honoraire de l’Université libre de Bruxelles. Elle est à l’initiative, avec Catherine Jacques, enseignante et collaboratrice scientifique à l’ULB, de cette encyclopédie d’histoire des femmes à l’écriture accessible, un pavé dont elle espère que la taille ne découragera pas de le feuilleter au hasard, ou de le siphonner sans vergogne.

Éliane Gubin, Catherine Jacques, avec la collaboration de Claudine Marissal (Carhif), Racine 2018.

 

Écrites par 68 collaborateurs/trices, 165 notices se succèdent par ordre alphabétique, concernant la condition féminine élargie à l’histoire du genre, à celle du corps et de la sexualité, touchant de nombreux domaines. Plusieurs fils rouges. Celui du travail, dont découlent un certain nombre d’autres ; l’analyse juridique de la condition féminine ; et enfin l’investissement associatif pour la cause des femmes.

De A à Z

Concrètement ? Première entrée : A comme Abolition. Première phrase : « Dès la fin du 19e siècle, les féministes s’offusquent d’une moralité sexuelle différente pour les hommes et pour les femmes, qui se reflète notamment dans l’acceptation de la prostitution et sa réglementation. » On apprend que la loi belge est à l’époque réglementariste. Qu’en 1932, les groupements abolitionnistes, soutenus par certains membres des grandes familles politiques, déposent une proposition de loi abolitionniste, jamais votée. Qu’en 1947, Bruxelles accueille un congrès abolitionniste. Qu’en 1948, au nom de l’égalité des sexes, une loi abolitionniste déposée par des femmes politiques passe, à laquelle il manque encore « la création d’une police féminine et la mise sur pied d’institutions chargées de réhabiliter les prostituées… » Changement de perspective dans les années 1980…

Article extrait du dossier « Droits des femmes, connaître notre histoire pour écrire l’avenir », publié dans axelle n° 217, p. 12-18.

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