Excision : « Nimse », ou les regrets

Par Hors-série N°195-196 / p. 70 - 73 • Janvier-février 2017 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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Le 6 février, c’est la Journée internationale pour l’abandon de l’excision : l’occasion de laisser parler les images de la photographe belge Virginie Limbourg. Elle est partie en Guinée à la rencontre de femmes, d’enfants et d’exciseuses, qu’elles soient impliquées dans la perpétuation de la pratique, ou soulagées d’avoir abandonné.

« Les jeunes disent que l’excision est dangereuse pour la santé des femmes. Je suis vieille, et j’ai le droit de mettre en doute leurs idées… Mais au fond, je ne suis pas certaine. C’est peut-être bien un péché. Je vais déposer mes couteaux et partir en pèlerinage à La Mecque. Je demanderai pardon à Dieu, pour les péchés que je connais… et ceux que je ne connais pas. » © Virginie Limbourg

« Bienvenue en Guinée, ici la pluie n’empêche pas les rendez-vous ». Ainsi commence mon reportage sur l’excision en compagnie de l’association Femmes Africaines. Ce projet m’emmène dans les villages à la rencontre de femmes et d’enfants victimes de cette tradition très ancrée (en Guinée, plus de 95 % des femmes sont excisées).

À la rencontre de fillettes qui ne comprennent pas le rituel de passage qu’elles viennent de subir. Elles savent seulement qu’elles sont désormais semblables à leurs aînées : pures, respectables, prêtes à être mariées.

À la rencontre d’anciennes exciseuses : elles s’excusent et, d’un geste pudique, remontent leur voile pour couvrir leur honte. Elles ont pris l’engagement de « déposer les couteaux » et se sont reconverties dans un autre métier.

À la rencontre d’exciseuses actives : mal informées sur les conséquences néfastes de leur pratique, elles exercent en toute illégalité et en toute impunité.

À la rencontre des sages-femmes : lors des accouchements, elles tentent de limiter la mortalité infantile et maternelle, l’une des conséquences de l’excision. Conseillères et confidentes des femmes, elles sont des relais puissants pour les informer.

Abandonner cette pratique est une ambition à long terme. La démarche est fastidieuse et souvent décourageante. Il ne s’agit pas d’imposer mais d’informer de manière rationnelle pour permettre aux communautés locales de prendre des décisions par elles-mêmes, et d’abandonner les pratiques nocives pour leur santé, leurs droits humains et leur avenir.

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