Menaces sur le secteur de la petite enfance : Un mauvais poisson d’avril ? Vie Féminine l’espère !

Par N°238 / p. WEB • Avril 2021

Ce jeudi 1er avril, les partenaires sociaux se mobilisent : le budget de la politique d’accueil de la petite enfance serait revu à la baisse, alors que les professionnel·les de ce secteur, dont la crise a mis en lumière l’importance vitale, ont besoin de soutien… et de promesses tenues. Solidaire, Vie Féminine publie ici une lettre ouverte destinée au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

CC Tanaphong Toochinda / unsplash

À lire sur le site, sur le même sujet : l’interview d’une accueillante d’enfants à domicile mobilisée.

Monsieur le Ministre-Président, Madame la Ministre de l’Enfance, Mesdames et Monsieur les Ministres,

Depuis maintenant 100 ans, Vie Féminine se bat aux côtés des femmes et avec elles pour lutter contre les inégalités, à partir de leurs vécus. Pour rencontrer leurs besoins, nous sommes également à l’initiative de la création d’une diversité de milieux d’accueil autour de la petite enfance, de l’accueil extrascolaire et de l’accueil d’enfants malades à domicile. À travers l’ensemble de ces projets, les enjeux d’un accueil de l’enfance de qualité, accessible à tous·tes, avec des professionnelles au statut correct nous mobilisent depuis de longues années.

En 2014, alors que notre campagne mettait en évidence une responsabilité collective et sociétale autour de l’accueil de l’enfance, débutait un vaste chantier autour de la réforme du secteur accueil de l’ONE. Ces travaux de longue haleine ont débouché sur un projet ambitieux, porté par tout un secteur et s’inscrivant dans la sphère non marchande.

Ce projet donne des perspectives pour renforcer la qualité de l’accueil et mieux rencontrer les besoins des femmes et des familles, en particulier les plus fragilisées, dans un contexte de société qui évolue. Il s’agit aussi d’offrir des emplois de qualité en nombre suffisant à des professionnelles, en majorité des femmes, dont les métiers sont peu valorisés. Ce projet mérite des moyens adéquats et un financement suffisant.

Des bruits alarmants

La crise sanitaire que nous traversons actuellement impacte lourdement les femmes, tant au niveau privé que professionnel. Elle a mis en lumière l’importance de préserver un accueil de l’enfance de qualité. Des voix convergentes s’accordent pour souligner les conséquences dramatiques sur les enfants et leur devenir, ainsi que sur les familles les plus précarisées. Depuis le début de cette crise, les milieux d’accueil ont répondu présents pour rencontrer leurs missions à la fois sociales, éducatives et économiques, malgré des conditions particulièrement difficiles.

Aujourd’hui, nous sommes à la veille de la conclusion d’un nouveau Contrat de Gestion pour l’ONE qui va en définir les orientations et les moyens pour les 5 prochaines années. Or, des bruits alarmants se font entendre. Les avancées tant attendues et qui sont gage d’avenir pour le secteur de l’accueil de l’enfance seraient remises en question faute de moyens. La réforme serait mise à mal, mettant en danger la création de places d’accueil, la viabilité des services et les perspectives d’amélioration pour les travailleuses (et tout particulièrement le passage au salariat des accueillantes à domicile d’ici 2025). Ce jeudi 1er avril, les partenaires sociaux se mobilisent et font entendre leur désarroi.

Un accueil de l’enfance de qualité constitue une nécessité fondamentale pour la société et pour l’avenir. Il demande des politiques publiques fortes. Nous ne pourrions pas concevoir la réduction des ambitions faute d’affectation de moyens suffisants. Il s’agit d’un investissement indispensable pour soutenir un projet de société juste et égalitaire.

Notre mouvement souhaite donc être rassuré et voir se poursuivre au plus vite la mise en œuvre des améliorations attendues, à travers un Contrat de Gestion ONE où les ambitions initiales sont préservées.

Anne Teheux, responsable de la Fédération des Services Maternels et Infantiles, et Aurore Kesch, présidente de Vie Féminine.

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