Lorsque le diagnostic patine, la réponse médicale est souvent la suivante : « C’est juste le stress ». Réponse culpabilisante et insuffisante. Jusqu’à quand va-t-on continuer de séparer corps et esprit ? Un domaine scientifique se développe autour de l’impact de la psychologie sur notre santé : la « psychoneuroendocrinologie ». Pour certain·es Cystité·es, mettre le doigt sur l’origine traumatique de leur cystite a permis de faire le premier pas sur un chemin de soin.
TW : Témoignages sur des viols et violences sexuelles.
Les chiffres de l’épisode :
- Jusqu’à 60 % des personnes atteintes identifient les rapports comme déclencheurs. Les douleurs apparaissent entre 24h et 48h après le rapport.
- 6 cystité·es sur 10 jugent leur sexualité désastreuse avec un manque de lubrification et d’excitation fréquent.
Cet épisode s’accompagne d’un lexique, d’une Foire aux questions et de ressources complémentaires : continuez à scroller !
Avec, par ordre d’apparition :
Les Cystité·es, anonymes mais expert·es de leur vécu. Jordania Lugiery, herboriste et fondatrice de l’association sans but lucratif (asbl) Ta Nature, passionnée de psychoneuroendocrinologie . Charline Marbaix, médecine généraliste et formatrice en promotion de la santé avec l’asbl PromosanteMG.
Dans les coulisses :
Réalisation : collectif Les Microsondes (Ophélie Bouffil et Jeanne Nabulsi) avec les participant·es aux ateliers “Cystite et Podcast”. Prise de son & écriture : Les Microsondes. Montage : Thibaud Rie et Les Microsondes. Sound design : Thibaud Rie. Mixage : Roxane Brunet. Musique : Chanteurs/euses : Aurore Latour, Thelma Cassé, Jeanne Vancoppenolle, Manon Scuttenaire, Caïus Ndikumana, Ophélie Friberg et Olivier Mahiant. Sous la direction de : Ophélie Friberg et Olivier Mahiant, artistes, animatrice et animateur de circle singing (technique de chant improvisé). Ingénieur son : Pierre-Nicolas Blandin. Illustration : Marie Aynaud, artiste colleuse. Typographie et graphisme : Florian Mahieu. Avec le soutien du Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR) de la Fédération Wallonie-Bruxelles et d’Un Futur pour la Culture.
« Cystite Partout, » est une production d’axelle magazine/Vie Féminine (regard éditorial : Sabine Panet), en coproduction avec Les Terres Arables, réalisée avec le soutien du FACR et de Un Futur Pour la Culture (Fédération Wallonie-Bruxelles).
Remerciements très particuliers à : Sève, Flavien, Véronique Lemaire, Lorraine, Alexandre, Lucien, Mathilde pour leurs oreilles, leur soutien et leurs conseils. Merci à Tom Wise et son Gardening Studio pour les urgences voix de dernière minute, Mel et Emma de l’asbl Waka-Up pour leur soutien précieux dans l’organisation des ateliers. Merci aux artistes qui ont mené des activités lors des ateliers Cystite et Podcasts : Leïla Chaarani, Mélia de Huez, Jeanne Garbasi, Valérie Maione. Et merci à l’asbl Toestand et le Mona pour leur accueil.
Écoutez Cystite Partout, sur Ausha, Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Soundcloud, Podcast Addict, Google Podcasts, Overcast…
Découvrez les coulisses du documentaire sur la page Instagram de Les Microsondes !
Lexique, Foire aux questions et ressources complémentaires de l’épisode 3
Petit lexique de l’épisode :
(Psycho)somatique : Si la civilisation grecque ancienne divisait déjà le corps et l’esprit, comme on le fait toujours aujourd’hui dans la conception la plus courante de la réalité, elle nous a aussi légué le vocabulaire pour réunir ces deux conceptions. Psycho (esprit) + somatique (corps) désigne les maux physiques dont on identifie la cause comme psychologique. Dans un monde où l’esprit ne serait pas conçu comme immatériel, cette nomination n’aurait pas de sens.
Endométriose : Maladie extrêmement douloureuse liée à un développement pathologique des tissus de l’utérus, qui n’a commencé à être prise au sérieux cliniquement que récemment.
Approche holistique : Approche thérapeutique qui conçoit les pensées et émotions comme partie prenante du corps.
Psychoneuroendocrinologie : Cette science étudie les liens entre la psychologie, les hormones et les comportements. Mais Jordana Lugeri nous explique ça beaucoup mieux dans cet épisode.
Adrénaline/cortisol : Ce sont des hormones libérées par le corps en réponse au stress.
Système endocrinien : Système hormonal (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?)
Physiologique : Qui concerne le corps humain.
Homéostasie : Principe moteur qui veut que le corps soit toujours en train de compenser pour aller vers une recherche d’un plus grand équilibre.
Vaginisme : Si ton vagin se ferme dès qu’il y a pénétration, c’est que tu souffres de vaginisme. c’est pas drôle du tout, on est avec toi.
Déterminants sociaux de la santé : Ce sont les facteurs qui influencent la santé d’un groupe de personnes. Voilà pourquoi Charline Marbaix parle des violences basées sur le genre comme d’un déterminant social de la santé. Maintenant qu’on a tout ce vocabulaire, on pourrait se demander l’influence de ce déterminant sur le vaginisme dans une approche psychoneuroendocrinologique.
Foire aux questions de l’épisode
Si j’ai des cystites après les rapports sexuels, est-ce que cela signifie forcément que j’ai vécu un traumatisme sexuel ?
Ce n’est en tous cas pas du tout le message que nous souhaitons transmettre dans cet épisode. Chaque histoire de cystite est unique, tout comme le vécu de chaque personne.
Les cystites après les rapports sexuels peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs, comme la migration de bactéries depuis l’anus vers l’urètre en raison de la proximité entre les deux, ou encore les frottements (que ce soit lors d’une pénétration ou vulve contre vulve). Des causes anatomiques, telles qu’un urètre proche de l’anus ou trop large, la sécheresse vaginale, un déséquilibre de la flore vaginale, ou un manque d’excitation et de lubrification peuvent aussi jouer un rôle.
Certaines personnes entrent parfois dans un cercle vicieux : elles se sentent stressées à l’idée d’avoir des rapports sexuels parce qu’elles savent qu’elles risquent de développer une cystite ensuite. Ce stress réduit l’excitation pendant les rapports, diminue la lubrification, et peut contribuer à l’apparition de cystites.
La question du stress entre aussi en jeu : des études montrent de plus en plus que notre état de santé mentale influence notre microbiote intestinal, qui, comme vous l’avez compris, joue souvent un rôle dans les cystites.
Et pour certaines personnes, les cystites peuvent effectivement être une réponse du corps à des traumatismes passés, y compris d’ordre sexuel, même si cela n’est pas toujours le cas. Dans cet épisode, certain·es témoignent de leur expérience face à cette réalité. Ce qui est essentiel, c’est de faire des liens et d’explorer ces pistes quand on se sent prêt·e, sans jamais se sentir forcé·e de le faire.
Ressources de l’épisode
- La Cystite, le cauchemar féminin, Rica Etienne et Dr. Jean-Marc Bohbot, Flammarion 2021
- « The urobiome in men and women : a clinical review », Romain S Roth, Mia Liden, Angela Huttner, Clin Microbiol Infect. 2023
- « Le microbiote intestinal impliqué dans les troubles dépressifs« , Le journal de la recherche, Institut Pasteur 2023
