Une femme pour cinq euros

© Diane Delafontaine

Belgique, 2018. Cinq euros. C’est le prix que beaucoup d’hommes, de plus en plus, sont prêts à payer pour une relation sexuelle avec une jeune fille mineure exploitée par des proxénètes.

La police fédérale a récemment parlé de « centaines » de jeunes filles, originaires du Nigeria en particulier, victimes de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. L’Organisation internationale pour les migrations ainsi que la plateforme belge Mineurs en exil, qui documentent cette réalité, évoquent des filles de plus en plus jeunes, âgées parfois de 11, 12 ou 13 ans.

Katja Fournier, de la plateforme Mineurs en exil, explique à la RTBF : « Pour être reconnues victimes de traite des êtres humains, on demande aux jeunes filles de couper tout lien avec le milieu et surtout de donner tous les éléments nécessaires à la justice et la police pour faire leur travail en attaquant ces réseaux. C’est bien entendu légitime, mais souvent ces jeunes filles n’ont peut-être pas l’information nécessaire pour faire tomber les têtes. S’il n’y a pas assez d’éléments ou s’il y a un vice de procédure, ces jeunes filles n’auront pas droit à un titre de séjour. Elles se retrouveront donc de nouveau sans papiers et donc probablement de nouveau dans la prostitution. Ce n’est donc pas du tout sécurisant. » Mais ce ne sont que des femmes, que des filles, noires de peau. Qui s’en soucie ?

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