Turquie : à Diyarbakir, la révolution en dansant

En ce soir de « milonga », soirée de tango, l’esprit est à la fête à l’école Tango Med de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. Les couples virevoltent, se font et se défont sensuellement, le temps d’une danse. On rit, on s’amuse et surtout, on milite.

Depuis plus d’un an, la guerre fait rage dans le sud-est du pays. L’armée turque et les combattant•es du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, s’affrontent sans merci, sans qu’aucune issue à ce conflit vieux de quarante ans, qui a fait 40.000 mort•es, ne se dessine. D’abord engagés dans les centres urbains, les combats se sont déportés vers les montagnes, le théâtre de prédilection de la guérilla. D’une partie du centre historique de Diyarbakir, il ne reste que des ruines. Dans toute la ville ont résonné pendant trois mois coups de feu, explosions et sirènes hurlantes au rythme des victimes civiles et combattantes.

À la Tango Med, on ne se fait guère d’illusion. « La guerre est loin d’être terminée, affirme Kemal, le fondateur de l’école. Et au milieu de tout ça, les femmes sont à l’avant-garde de la révolution kurde », ajoute-t-il.