Révolte de femmes au Mexique

À la fin de la manifestation féministe du 16 août 2019, des protestataires ont saccagé une station de transport public et un poste de police : des confrontations verbales ont d’abord éclaté avec les forces de l’ordre, puis certaines manifestantes ont mis le feu au bâtiment en criant : « Police, violeurs ! » © Alfredo Estrella / Belga AFP

Début août, une jeune fille de 17 ans a accusé quatre officiers de la police mexicaine de l’avoir violée dans leur voiture patrouillant dans le quartier d’Azcapotzalco à Mexico. Le lendemain de ces accusations, une autre jeune fille, âgée de 16 ans, a également témoigné avoir été violée par un policier dans un musée. Dans le premier cas, six hommes ont été suspendus, mais aucun n’a été arrêté : selon le parquet, à cause d’« incohérences dans le récit » de la victime, explique le Huffington Post… Dans le deuxième cas, un homme a été entendu, puis arrêté.

Après un premier rassemblement spontané le 12 août, des milliers de Mexicaines sont descendues le 16 août dans les rues de la capitale et des grandes villes du pays pour protester contre les violences et l’impunité des forces de l’ordre. Leur cri de ralliement : « Ils ne me protègent pas, ils me violent » (#NoMeCuidanMeViolan). Elles ont également hurlé leur rage contre les féminicides : selon l’ONU Femmes, au Mexique, 9 femmes en moyenne meurent chaque jour de mort violente, parce qu’elles sont des femmes. 40 % des Mexicaines ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie – elles sont même 96 % à Mexico, l’État le plus dangereux du pays. Et, en effet, partout, l’impunité règne : en 2016, sur plus de 12.000 plaintes pour viol, seules 693 ont fait l’objet d’une condamnation.

D’autres chiffres de l’Institut national mexicain de la statistique (INEGI), cités par le site de Terriennes, révèlent que 66,1 % des 46,5 millions de Mexicaines de 15 ans et plus ont subi dans leur vie une forme de violence (émotionnelle, physique, sexuelle, économique ou une quelconque forme de discrimination). « Les standards culturels qui dévalorisent les femmes et les font percevoir comme jetables n’ont pas changé », analyse le rapport.

À la fin de la manifestation du 16 août, des protestataires ont saccagé une station de transport public et un poste de police : des confrontations verbales ont d’abord éclaté avec les forces de l’ordre, puis certaines manifestantes ont mis le feu au bâtiment en criant : « Police, violeurs ! »

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