Macrale d’automne

© Aurélie Choiral

Elle brode, elle assemble, avec patience et rigueur. Elle inscrit, utilisant des techniques si profondément associées aux femmes, les devoirs, les codes, intimes ou publics, des bonnes manières féminines, pour mieux les mettre à nu et les interroger. La plasticienne Élyse Galiano, qui vit et travaille à Bruxelles, met l’aiguille là où ça fait mal. Elle tire de son ouvrage de tissu des œuvres intrigantes, intemporelles et à la fois terriblement contemporaines, les comportements que l’on attend des femmes n’appartenant pas encore au passé. Mais le travail de l’artiste ne réduit pas les femmes à ce questionnement, bien à l’inverse. Dans la précision de son travail, on sent la puissance des artisanes qui fabriquent la culture à la force de leurs articulations et qui sortent de leurs mains des œuvres plus extraordinaires qu’ordinaires. Comme cette « macrale » – la sorcière, en wallon –, installation d’une étrange poésie à laquelle Élyse Galiano a donné le jour et que l’on peut découvrir jusqu’en 2017 au parc du Domaine provincial d’Hélécine, dans le Brabant wallon. Des vagues en fil de laiton pour chevelure, la macrale appartient à la forêt, à ses mystères, mais elle se laisse deviner. On l’entend respirer sous l’humus. (S.P.)

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