Foot : pelouse contre gazon

© Diane Delafontaine

Le foot, ça crée des liens. Toute la planète la main dans la main à agiter des petits drapeaux ; toute la Belgique pour reprendre à gorge déployée les expressions favorites de Kevin De Bruyne ; toutes les Pussy Riot à enquiquiner les joueurs au nom de la « démocratie » et à finir en prison. Oui, le foot, pas de doute : c’est universel. On y retrouve d’ailleurs la même répartition stricte des hommes et des femmes que dans la société. Eux, sur la pelouse, sur les podiums et en une des magazines qui documentent leurs vacances à Saint-Tropez ; elles, dans les tribunes, joliment maquillées, et puis agressées sexuellement lors des festivités après les matchs (allez lire sur Twitter les témoignages #MeTooFoot publiés à la fin du Mondial…). Quant aux femmes qui jouent au foot de façon professionnelle, elles sont reléguées sur des chaînes câblées, se contentent de mini-visibilité, de mini-salaires… et de mini-places d’avion. Comme les joueuses du FC Barcelone : le 24 juillet, en voyage vers les États-Unis avec leurs collègues masculins, elles ont été placées en classe économique. Rien de surprenant jusque-là, vu le prix exorbitant des billets dans les catégories supérieures… Sauf que les footballeurs hommes, eux, étaient tous en classe affaires. Mais parce qu’ils sont beaux joueurs, ils ont permis aux femmes de venir se prendre en photo avec eux à l’avant de l’avion. Que de beaux souvenirs !

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