Maryse Condé, « Nobelle »

CC MEDEF

Suède • Le mois dernier (n° 213), nous avons dressé un rapide portrait de plusieurs femmes lauréates du prix Nobel – parmi elles, pas de femme de lettres puisque cette année, après un scandale dans la vague #MeToo, le Nobel de littérature a été annulé. Mais un petit groupe d’intellectuel·les et de journalistes a décidé de créer son propre prix (surnommé « Nobel alternatif » ou « prix de la Nouvelle Académie »).

« Quand le prix Nobel a été annulé, on s’est dit qu’il était temps de faire quelque chose de nouveau, quelque chose de plus inclusif, de plus démocratique, explique  l’écrivaine gréco-suédoise Alexandra Pascalidou, à l’origine de l’idée. Nous avons invité des centaines de libraires suédois à participer. Et ensuite, nous avons invité le monde, car c’est un prix international. »

Près de 33.000 lecteurs/trices ont donc voté et, le 12 octobre dernier, l’annonce est tombée. La lauréate de ce premier prix littéraire de la Nouvelle Académie est Maryse Condé, l’écrivaine française d’origine guadeloupéenne, autrice d’une vingtaine de romans majoritairement consacrés à l’Afrique et aux Caraïbes, mais aussi professeure d’université et présidente du Comité national français pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage.

L’an dernier (n° 195-196), axelle a eu la chance de rencontrer cette formidable écrivaine, née à Pointe-à-Pitre en 1937. Elle a donné naissance à des héroïnes inoubliables, comme dans Moi Tituba, sorcière ou dans la saga Ségou. Maryse Condé porte un regard lucide sur le présent : « Quand on pense que les femmes ont eu le droit de vote tout récemment et qu’elles se battent aujourd’hui pour la parité politique… La femme noire est hélas un peu laissée de côté. On projette sur elle le mépris, le racisme. Cela n’a pas beaucoup changé. Mais elle est assez forte et sûre d’elle pour s’en sortir. Je n’ai pas peur. »

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