Musique : Rap Rapsody

Rapsody se produisant au Brooklyn Bowl (New York) le 2 juillet 2015. CC Steven Pisano from Brooklyn, NY, USA

On dit qu’elle possède une des meilleures plumes de sa génération. Son album précédent, Laila’s WisdomLa sagesse de Laila (sa grand-mère) –, a été nommé aux Grammies en 2018, catégorie meilleur album rap. Un pied poussé dans l’entrebâillement de la porte, fermée aux femmes depuis 1997, de la section rap des récompenses musicales américaines. Elle ? C’est Rapsody, Marlanna Evans de son vrai nom, artiste américaine qui vient de sortir Eve, un nouvel album déroulant un impressionnant panel d’invité·es prestigieux/euses.

Plus prestigieuses encore, les inspiratrices de chaque titre, des icônes afro-américaines : Nina (Simone), Oprah (Winfrey), Michelle (Obama), Serena (Williams), Afeni (Shakur, militante activiste du Black Panther Party et mère du rappeur 2Pac)… et d’autres noms importants encore, Sojourner Truth, militante féministe ou Maya Angelou, poétesse, etc.

Inspirée par ces femmes noires, Rapsody fabrique un truc rien qu’à elle, un rap inventif, turbulent, nerveux et pourtant – magique alchimie – assez relax : une sorte de sérénité peu répétitive, atteinte grâce à des schémas rythmiques joueurs et fluides, un flow énergisant, des textes denses explorant les thèmes de l’estime de soi, du succès, des luttes, et qui posent la totale évidence de l’apport des femmes noires à la culture américaine.

Au sujet d’elle-même, petit extrait (traduit) de Nina : « J’écris des textes sans montrer mon corps, quel exploit ! » Au sujet des femmes noires, dans Cleo : « Qu’est-ce qu’une femme noire pour eux [les hommes blancs, NDLR] ? Ils nous ont violées pendant l’esclavage et nous violent encore, ne nous font passer à la télévision que si l’on remue nos seins. » (V.L.)

 

Album Eve, à écouter par exemple sur www.iamrapsody.com

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