Un cadenas sur le coeur

Pudeur, fluidité de lecture, trame narrative serrée, phrases directes, simplicité, clarté : Laurence Teper raconte dans son court premier roman l’histoire d’un secret de famille et ce type d’écriture dépouillée équilibre parfaitement le noyau de nœuds émotionnels qu’entraînent les effets souterrains des vérités cachées.

D’abord : l’enfance de Claire Meunier dans une famille au fonctionnement d’apparence ordinaire, description légère de vacances à la plage avec des ami·es, et quelques dissonances. Que l’on ne s’explique pas, enfant. Ensuite, le quotidien s’accumule, les années passent, les étrangetés, les répliques cinglantes, les non-dits brutaux comme les coïncidences se fondent dans une forme de normalité. Ce qui n’empêche pas la souffrance de s’intensifier, les modes de fonctionnement de se gripper, tandis que le besoin de vérité taraude et effraie.

Il faut du temps pour asseoir son envie de savoir. Mais « ce mensonge était pour elle un poison, un poison qui la rongeait, à petit feu, lentement mais sûrement. Pourquoi n’avait-elle pas droit à la vérité ? La plus élémentaire vérité. » Claire Meunier finira par se l’octroyer, cette vérité qu’on lui refuse, qui permet, au bout de la recherche, de ce que l’on apprend ou de ce que l’on ne saura jamais, de fabriquer peu à peu un sol stable sous ses pieds, un sol sur lequel se (re)construire. (Véronique Laurent)

 

Un cadenas sur le cœur

Laurence Teper

Quidam éditeur 2019, 196 p., 19 eur.

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