Blu Samu : bleu, respire !

Blu Samu, Moka, PIAS 2018.

Une rappeuse belge à succès, il y en a une, c’est Blu Samu. Anversoise d’origine portugaise, installée à Bruxelles, Blu Samu (pour « samouraï bleu »), de son vrai nom Salomé Dos Santos, se balance en toute décontraction entre rap, hip-hop et soul. Flow tranquille, vibe chaude, rafales rap, voix par moments éraillée, instrumentation mélodique léchée défilent sur des clips pépites à l’esthétique nineties qui racontent des histoires « vraies ». L’auteure-compositrice-interprète mélange les langues (anglais, français, portugais), mélange les genres, développe un univers qui lui appartient, dans une énergie franche et joyeuse.

Un EP six titres, Moka, sortait le 29 juin de l’année dernière et lançait la jeune femme dans les festivals de l’été, après un premier morceau fabriqué en 2015. Blu Samu commence à écrire du rap à 19 ans, mais elle a envie depuis toujours de s’exprimer par la musique. Elle s’inspire partout, mais Beyoncé, Nathy Peluso (rappeuse argentine), les Fugees et l’incontournable Lauryn Hill (voir axelle n° 213) l’ont influencée.

La jeune femme n’a pas terminé les études secondaires, a enchaîné les petits boulots, téléphoniste, pompiste, serveuse, jusqu’à sa rencontre avec le collectif hip-hop 77 (prononcer « sept sept ») et son installation dans une coloc’ à Bruxelles. Avec naturel et pas mal de maturité, ses morceaux parlent d’elle, de sa vie. Dans le très beau I Run, sa mère joue son propre rôle dans l’appart et la cité anversoise où Blu Samu a grandi. La chanson raconte la difficile relation mère-ado, les tensions entre les espoirs de stabilité de la première et la passion pour la musique de la seconde, les difficultés financières et les rêves qu’elle continue à pourchasser. (V.L.)

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