Élargir les titres-services à l’accueil de l’enfance ? Une mauvaise idée !

CC Thomas Hawk

Le nouveau gouvernement wallon (PS-MR-Ecolo) souhaite étendre le mécanisme des titres-services à l’accueil d’enfants de 3 à 11 ans. Pour Vie Féminine, cette mesure va à l’encontre d’un accueil de qualité !

C’est au chapitre « création d’emploi », point 7 « conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle » de la Déclaration de politique régionale pour la Wallonie 2019-2024 que l’on peut lire : « Ce mécanisme permettra de proposer une alternative de qualité aux parents qui ont des horaires tardifs tout en créant de l’emploi stable et de qualité dans ce secteur. Le gouvernement veillera au renforcement des qualifications et à une formation adéquate des encadrants. »

Une mesure bricolée

Vie Féminine s’inquiète de voir le dispositif des titres-services s’élargir à l’accueil* des enfants alors que le secteur de l’extrascolaire, visé par ce dispositif, a fait l’objet d’une réflexion en profondeur ces dernières années en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le secteur de l’extrascolaire est ainsi ressorti renforcé grâce à de nouvelles normes d’encadrement, des exigences en termes de formation, etc. Une nouvelle réflexion d’envergure est d’ores et déjà prévue au sein de l’ONE pour consolider le secteur. Ce n’est pas le moment de le détricoter par un basculement vers le dispositif des titres-services.

C’est pourquoi, Vie Féminine réaffirme que :

• L’accueil des enfants doit être assuré par des professionnel·les qualifié·es : or les titres-services n’offrent pas de garanties suffisantes en matière de formation des travailleurs/euses, ni en matière d’encadrement.
• Le système des titres-services ne vise pas un accès démocratique aux services, car de nombreuses familles ne pourront s’offrir des prestations dans ce cadre. De plus, les titres-services ne permettent l’accueil que de quelques enfants moyennant un coût important pour les familles et la société, alors que dans un service subventionné, davantage d’enfants sont accueilli·es à des tarifs démocratiques.
•  Le système des titres-services s’accompagne d’une déductibilité fiscale accessible uniquement aux personnes qui ont des revenus imposables, ce qui renforce encore les inégalités. De plus, le tarif des titres-services, même « sociaux », se situe bien au-delà du coût de l’accueil subventionné et reste donc inaccessible pour de nombreuses personnes.
• Les emplois créés dans le cadre des titres-services ne garantissent pas la continuité de l’accueil, pourtant prônée par le code de qualité de l’ONE, étant donné le turn-over induit par le système même des titres-services.
• L’extension des titres-services à la garde des enfants reviendrait à une privatisation et à une marchandisation de l’accueil. Au risque d’engendrer le démantèlement des structures publiques et associatives qui offrent des services non marchands de qualité, accessibles à toutes les familles.

Un accueil pour tous et toutes !

Au moment où le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’engage dans sa Déclaration de politique régionale à mettre en place la réforme des milieux d’accueil concertée de longue date avec le secteur (voir axelle n° 222) ainsi qu’à améliorer la qualité et l’accessibilité de l’Accueil Temps Libre, nous ne pouvons que déplorer l’initiative prise par la Région wallonne qui va dans le sens d’un émiettement de la politique de l’enfance. Nous exigeons au contraire des politiques cohérentes et ambitieuses pour un accueil de qualité accessible à tous et à toutes, en Wallonie comme à Bruxelles.

*Le Gouvernement wallon souhaite également étendre le mécanisme des titres-services au transport d’enfants de 3 à 11 ans.

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