Le combat victorieux des coiffeuses sans papiers

Par N°198 / p. 22-24 • Avril 2017 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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Leur grève a secoué les salons de coiffure afro du 10e arrondissement de la capitale française. Il y a trois ans, les salarié·es du « New York Fashion », au 57 boulevard de Strasbourg, en majorité des femmes, ont décidé de mettre un terme à leur exploitation. Et ont gagné leur lutte de longue haleine dans un quartier où ce business repose sur un vaste réseau de travail non déclaré.

© Laurent Hazgui / Divergence

« J’étais présente tous les jours pour la grève. Jour et nuit. » Debout face à la juge, Aminata Soumaoro a conscience du poids de ses mots. La jeune coiffeuse aux boucles d’or, arrivée de Guinée en 2012, est la première à témoigner devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris, ce vendredi 23 septembre 2016. À seulement 19 ans, elle a lancé en 2014 une grève remarquée dans le salon de coiffure-manucure du 57 boulevard de Strasbourg, où elle travaillait. Locaux insalubres, organisation mafieuse, salaires impayés… Aminata Soumaoro et ses collègues, presque tous et toutes sans papiers, ont décidé de mener bataille contre leurs employeurs et de dénoncer leurs conditions de travail.

« On ne pouvait pas accepter ça »

« Depuis mon arrivée au salon, en décembre 2013, je travaillais parfois 80 heures par semaine pour environ 400 euros par mois, explique Aminata Soumaoro à la barre du tribunal. Je devais être payée le 10 du mois, mais ça n’arrivait jamais. Des fois, après plusieurs mois, les gérants ne m’avaient toujours pas versé mon salaire. On ne pouvait pas accepter ça. » Le 22 mai 2014, c’est le déclic. Aminata Soumaoro décide de ne plus se laisser faire. « Plusieurs personnes n’arrivaient pas à payer leur loyer. C’était aussi mon cas. J’ai dit : « Écoutez, on ne nous donne pas d’argent. Le mieux, c’est d’arrêter. » Ça n’a pas été facile de convaincre tout le monde, mais finalement, on s’est tous mis en grève. »

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