Voyager en situation de handicap : une odyssée

Par Hors-série N° / p. 28-29 • Juillet-août 2020 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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L’inaccessibilité, le manque d’inclusion et les préjugés peuvent transformer les voyages des personnes en situation de handicap en véritables parcours d’obstacles. Entre bonne volonté d’associations et budget serré, petit tour d’horizon.

CC Lisette Barlow

« C’est une organisation de dingue, rien qu’au niveau du transport, avec, en voiture, des personnes qui ont des troubles de comportement ou qui ont une chaise roulante. Et ça, c’est juste le moment où on est dans le véhicule : on n’est encore nulle part. Et puis, il y a le lieu où l’on va passer ses vacances. Il faut des larges portes, des toilettes aménagées, parfois une table à langer, une possibilité d’alimentation par sonde gastrique… » Comme le témoigne Aline Rolis, éducatrice spécialisée, partir en vacances avec ou en tant que personne en situation de handicap – de grande dépendance, en l’occurrence – est une aventure qui ne s’improvise pas. « Pour les familles confrontées à la grande dépendance, c’est-à-dire un handicap mental lourd ou un handicap physique et mental, c’est plus une corvée qu’autre chose. Beaucoup n’y pensent même pas ! C’est triste à dire mais c’est comme cela », confirme Cinzia Agoni, du GAMP, le Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour les personnes handicapées de grande dépendance.

Où est le guide ?

Dans le tourisme pour les personnes handicapées, on retrouve deux secteurs : le « tourisme accessible », pour les personnes qui n’ont pas besoin d’institution ou d’organisation spécifique, et le « tourisme adapté », pour les personnes qui ne sont pas ou plus autonomes. Dans un contexte de déficit d’accessibilité dans ces deux secteurs, il y a avant tout l’obligation de devoir préparer son voyage. Les personnes handicapées sont confrontées à un manque d’informations : qu’est-ce qui est accessible, à quel niveau, et par qui ? Pour Vincent Snoeck, administrateur du CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles), directeur d’un bureau en consultance spécialisé en accessibilité et lui-même aveugle, « l’offre en lieux touristiques accessibles est beaucoup trop faible, mais ce qui manque surtout c’est de savoir où trouver les informations. Chaque pays et chaque organisation vont fournir des renseignements plus ou moins fiables et professionnels. Il faut pouvoir croiser cela avec des utilisateurs en situation de handicap qui donnent des informations sur un lieu, un peu comme des « influenceurs » de l’accessibilité. »

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