Vicky Tauli-Corpuz : « Les peuples autochtones sont les gardiens de notre biodiversité »

Par N°224 / p. 30-32 • Décembre 2019 | conectionconection Contenu complet (pdf)
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Vicky Tauli-Corpuz est depuis 2014 rapporteuse spéciale auprès des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Activiste pour l’environnement et défenseuse des droits humains, la leadeuse philippine se bat depuis quarante ans pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des femmes. À la veille de la COP25, l’experte a expliqué à axelle pourquoi les communautés autochtones doivent être au centre de l’action climatique.

Le 27 septembre 2019, la Marche pour le climat a rassemblé un demi-million de personnes dans les rues de Montréal. Des membres des peuples autochtones canadiens (Premières Nations) occupent la tête du cortège. CC Pascal Bernardon / Unsplash

Les peuples autochtones sont en première ligne face au changement climatique. Quels sont les principaux défis auxquels ils doivent faire face ?

Vicky Tauli-Corpuz, rapporteuse spéciale auprès des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. D.R.

« Les peuples autochtones doivent faire face aux effets négatifs du changement climatique comme lorsqu’ils vivent sur des îles de basse altitude menacées d’être englouties à cause de la montée des eaux. Où vont-ils vivre ? Et comment leurs droits vont-ils être respectés si la population autochtone est délocalisée ? Ce sont des questions de survie physique mais aussi culturelle. Les peuples autochtones doivent également faire face aux inondations et aux sécheresses. Nous voyons que des inondations importantes ont lieu dans de nombreux endroits dans le monde. Elles affectent les territoires autochtones sans qu’il y ait de solutions à ce problème majeur. Les sécheresses menacent la sécurité alimentaire également. »

Pourquoi les peuples autochtones sont-ils plus menacés par le réchauffement climatique que d’autres catégories de population ?

« Ils sont plus affectés parce qu’ils vivent dans des écosystèmes fragiles comme l’Arctique où la glace fond, des îles à basse altitude, ou en haute montagne, et subissent donc directement les effets du changement climatique. »

Le slogan de la COP25 est « Time for Action » (« Temps d’agir »). Les peuples autochtones ont toujours été des défenseurs de l’environnement. Quelles actions efficaces entreprennent les communautés ?

« Les peuples autochtones ont une grande connaissance du territoire et de la nature qu’il faut préserver. Ils ont dès lors un rôle important à jouer dans la préservation de la biodiversité. De nombreuses études démontrent que là où ils vivent, ils assurent la conservation des forêts et de la biodiversité. Les peuples autochtones ne représentent que 5 % de la population mondiale, mais 80 % de la biodiversité se trouve dans leurs territoires. »

 

 

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