La judokate

Lola Mansour
Propos recueillis par Camille Wernaers
D.R.

Au tour de la judokate Lola Mansour de revenir en ce mois de novembre sur ses victoires et ses indignations, notamment sur les conditions de travail des sportifs et sportives de haut niveau et la Coupe du Monde de foot féminin. Une conversation garantie sans « small talk ».

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1.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme actuellement ?

Les romans de François Blais. Et aussi la Coupe du Monde de foot de cet été qui a mis en lumière des femmes athlétiques, conquérantes et passionnées. Je retiens en particulier Megan Rapinoe, qui s’est avérée aussi redoutable sur le terrain que dans ses tweets engagés.

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2.

Quelque chose à pointer du doigt dans votre métier ?

À la pointe de l’iceberg : les nombreuses médailles européennes, mondiales et olympiques du judo belge. Sinon, les conditions parfois spartiates avec lesquelles nous devons fonctionner, tant en Belgique que lors des déplacements à l’étranger (manque d’infrastructures, de budget, d’accompagnement, de matériel, d’œstrogènes…).

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3.

Un moment d’indignation : envers qui, envers quoi ?

Il y en a plein : la séparation des filles et des garçons aux cours de sport à l’école, les cumuls en politique et les indemnités de sortie des parlementaires, le sans-abrisme, les monarchies au 21e siècle, les violences sexistes (et banalisées), les racistes-misogynes-homophobes décomplexés élus au Parlement, le nom d’Abdellatif Kechiche sur une affiche de cinéma, les beuglantes de Damso, la saison 8 de Game of Thrones

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4.

Avec qui, avec quoi vous sentez-vous en lien ?

Avec la « Fondation Laure Nobels », qui fut l’une des rencontres les plus marquantes de mon parcours ; avec les jeunes judoka·tes de mon club qui me permettent de combattre par procuration pendant ma convalescence et avec Clotilde, mon exotic shortair, même si c’est un lien à sens unique [l’exotic shorthair est une race de chat, NDLR]. Officiellement, ma sœur  en est la propriétaire car nous l’avions prise pour son anniversaire mais comme les chats finissent par faire leurs propres choix, elle a fini par rester avec moi…

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5.

Qu’est-ce qui titille votre curiosité ?

Tout ce qui me permet d’éviter le « small talk » [le small talk est une conversation polie à propos de sujets non controversés, NDLR].

Image of Lola Mansour

© Yves Gervais

Lola Mansour a toujours aimé le judo. « Je suis tombée dans le judo à 5 ans et demi, un peu par hasard, comme Obélix dans sa marmite. […] Très vite, cette discipline, ses rites et son univers japonais ont occupé une place essentielle dans mon quotidien et avant même d’être capable de nouer ma ceinture correctement, j’ai eu le toupet de décréter que je voulais, un jour, « devenir championne olympique » », explique-t-elle. C’est ainsi qu’elle s’entraîne ardemment et gagne ses premiers prix dès 2009. Après son parcours dans les catégories Espoirs et Juniors, elle entre en 2015 dans la catégorie Seniors (-70 kg). En 2017, elle remporte la médaille de bronze au Grand Prix de Düsseldorf. En février 2018, elle se blesse lors d’un entraînement avant ce même tournoi. Elle souffre d’une commotion cérébrale. Aujourd’hui, la sportive professionnelle en subit toujours les séquelles. Elle a été licenciée par la Fédération de judo après 11 mois de convalescence. Pour l’instant, elle est toujours sous certificat et poursuit sa réathlétisation grâce au soutien du Dr Oger, son médecin, et de la Faculté des Sciences de la Motricité à l’ULB.  « Je mets tout en œuvre pour me rétablir et j’ai l’intention de revenir à un meilleur niveau qu’avant », conclut-elle lors notre entretien.

Son livre : Ceinture blanche, Lola Mansour, Ker Éditions 2018.

© DR

« Je serai une championne ». Bien décidée à donner un sens à sa vie, c’est l’objectif que s’est fixé Anya à l’aube de ses douze ans. Avec la connivence d’une grand-mère aussi éclairée que farfelue et d’une famille ouverte sur le monde, elle s’engage dans une carrière sportive, à la faveur d’une volonté inébranlable. Un ami fidèle et un vieux maître feront le reste. Passionnée et audacieuse, Anya apprendra à caresser les étoiles…
Gambadant entre ironie décapante et anecdotes pétillantes, l’auteure nous invite à une aventure tantôt onirique, tantôt ancrée dans la réalité du sport de combat. Il ne s’agit pas d’une autobiographie, mais d’un roman, où l’imaginaire et la fantaisie croisent une inspiration puisée dans l’expérience. Un magnifique moment de lecture.

Ce roman, couronné par le prix Jeune Public Brabant wallon de la Fondation Laure Nobels a été préfacé par Charline Van Snick, médaillée olympique et double championne d’Europe de judo.

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